LE REPORTAGE

Voici un aperçu du reportage Portraits de Villes, Portraits d’Expatriés. Nous travaillons actuellement à la réalisation d’un livre : nous vous tiendrons au courant de l’avancée de cette nouvelle aventure !

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Le Canada est l’une des premières destinations pour l’expatriation.

Ce type de déplacements internationaux est en nette progression d’année en année, à tel point qu’un nombre croissant d’expatriés choisissent de rester dans le pays : selon une enquête de la banque HSBC sur le phénomène d’expatriation, 58% des personnes interrogées avaient passé plus de 5 ans à l’étranger, contre 45% en 2008[1].

Parmi les mouvements de populations internationaux, celui de l’expatriation est un des plus connus, par sondages, statistiques…

Mais au-delà de ces réponses institutionnelles à ce qu’est l’expatriation, que signifie aujourd’hui de s’expatrier dans une grande ville étrangère ?

Nous savons généralement pourquoi des citoyens font le choix de l’expatriation, mais nous savons beaucoup moins comment s’organise la vie dans une nouvelle ville, lorsque l’on est étranger.

Dans notre imaginaire collectif, les grandes villes nord-américaines prennent la forme de gigantesques mégalopoles. Suivant les photographies d’architectures que nous avons de ces villes, les espaces urbains sont démesurément grands et hauts, bien loin de l’échelle humaine et de la petite étendue qu’on leur connaît à Paris. Notre représentation de ces grandes villes les assimile à de gigantesques fourmilières hyperactives en pleine effervescence, disproportionnées, où l’échelle humaine se perd dans les dimensions de l’espace urbain et la diversité architecturale, tout autant que dans le foisonnement des activités.

Bien loin du fantasme, qu’en est-il vraiment ? Comment s’approprie-t-on de telles villes lorsque l’on est expatrié et comment la ville s’approprie-t-elle ces individualités qui la composent ?

Nous travaillons chacun en photographie sur les liens qui se tissent entre la personne et les lieux qu’elle fréquente.

Notre photographie cherche en effet à refléter l’influence que les lieux peuvent avoir sur une personne, par les attitudes sociales, les styles vestimentaires, les conventions.

C’est pourquoi nous en sommes venu à nous interroger sur les expatriés : comment se comportent-ils, s’adaptent-ils à une nouvelle ville, surtout à une mégalopole nord-américaine ?

Penser la ville, c’est surtout penser ses habitants.

Nous espérons que les éléments que nous ramènerons de notre reportage dans les gigantesques mégalopoles Nord-Américaines pourront  aider à la compréhension du rapport idéal des habitants à leur ville.

Notre approche de la question de l’expatriation se base donc sur l’expérience, le ressenti des expatriés sur la ville.

Bien loin d’une réponse toute faite, nous voulons saisir la subjectivité de cette expérience par l’intermédiaire de plusieurs portraits, toujours en relation avec la ville dans laquelle nous allons nous trouver au Canada.

Nous réalisons donc en photographie ce que nous appelons un « double portrait », où portrait et photographies d’architectures dialoguent, se répondent, recontextualisant chaque fois l’individualité des personnes dans un contexte plus large, celui de la ville et de sa multitude. Par là, nous interrogeons le statut de l’individu dans une grande ville, son individualité, tout autant que son « étrangeté », sa personnalité, et comment elle interagit avec le tissu urbain.

Portraits et photos d’urbanisme sont toujours traités comme des genres séparés. Nous les considérons au contraire comme interdépendants. Le lieu agit sur la personne tout autant que la personne agit sur le lieu.

Mêler architecture et individus, telle est notre ambition pour mieux comprendre les expatriés au Canada.


[1] D’après l’enquête Expat Explorer d’HSBC Bank International, édition 2009 : http://www.offshore.hsbc.com/1/2/international/expat/expat-survey/results-2009